L’érotisme est-il sexy ?

C’est un mail qui s’invite dans ma boîte.

« Découvrez les photos sexy de Machinette dans se dernière pub pour de la lingerie. »

Je ne vais pas cliquer. Je ne vais pas l’ouvrir.

Pourtant, Machinette est connue, sexy, affriolante.

Mais voilà: je sais déjà à quoi ressembleront ses photos sexy.

Du nichon à l’air, de la fesse exhibée avec un regard qui se retourne, un sourire qui dit vas-y prends moi, une moue faussement boudeuse, des mains balladeuses, des figures évocatrices ascendant post-coïtale.

C’est sexy ? Peut-être. Mais ce n’est pas érotique.

L’érotisme, d’après le Petit Robert, a trait à ce qui évoque le désir, l’éveille, le chatouille.

Pas à ce qui lui hurle HEIN T’ES EXCITE HEIN HEIN TU LA VEUX MA….?

 

Le potentiel érotique de ta moto – Ma chronique sur le Huffington Post

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Une question me taraude : pourquoi la moto revêt-elle un caractère aussi sexuel ? Pourquoi « il fait de la moto » est devenu l’argument ultime de pécho-isation (du verbe pécho, je pécho tu péchos il péchot…) ?

Avant tout, la moto est l’accessoire du prince charmant moderne. La version 3.0 du cheval, si vous préférez, le « fier destrier ». Comme le balai de la sorcière, la moto confère à son propriétaire des pouvoirs magiques, phalliques. Elle se tient entre les jambes et vrombit… La moto, c’est d’abord la virilité incarnée.

Même Edith Piaf le chantait : « Il portait des culottes, des bottes de moto, un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos. Sa moto qui filant comme un boulet de canon semait la terreur dans toute la région… » dans la version de Brigitte Fontaine, l’homme à la moto est même décrit par des petits cris évocateurs. Le motard sent le cuir et la sueur, il porte un gros blouson, il est mal rasé, tatoué et sévèrement burné. On est loin de Jude Law dans la pub Dior, son début de calvitie masqué tant bien que mal par des implants et un kilo de gel « tenue béton ».

Alors côté femmes, pourquoi systématiquement, dans un film, quand l’héroïne retire son casque et secoue sa chevelure façon pub L’Oréal, sent-on comme une raideur dans le pantalon de notre voisin de siège ? « Je n’ai besoin de personne en Harley Davidson » chantait Brigitte Bardot en cuissardes, cheveux détachés, une moto plus grosse qu’elle entre les jambes. « Il me monte des désirs dans le creux de mes reins » lui faisait susurrer Gainsbourg. BB, plus tard, déclara avoir peur de la moto et n’en avoir jamais fait.

Nous y sommes : la femme à moto, c’est bel et bien un fantasme d’hommes. Le fantasme d’une femme qui dompterait la virilité, qui monterait dessus, qui serait la virilité, finalement. Une femme en cuir, un peu Domina sur les bords. Libre.

Vous en doutez ? En 2011, Pascale Petit, directrice de recherches au CNRS, a envoyé des candidatures de femmes « titulaires du permis A » (moto) ou non. A CV égal, les femmes indiquant sur leurs CV faire de la moto étaient contactées bien moins souvent (7%) que celles qui n’indiquaient rien (13%). « En clair, les motardes sont perçus comme des anticonformistes potentiellement sources d’embrouilles » expliquait à l’époque la chercheuse. Dans l’esprit des recruteurs, une « fille bien » ne fait pas de moto.

Dans le Dictionnaire des rêves, on apprend que rêver de moto c’est « rêver de se mouvoir, de diriger sa vie de façon plus dangereuse et plus marginale. La moto souligne un refus de se plier aux règles et aux conventions. » Dans tous les domaines. La moto, ce serait une promesse de vie folle, débridée, décomplexée, déstructurée… Et de la sexualité qui va avec !

Prends ton pied

Prendre son pied, à l’origine, signifie « prendre sa part du butin ». Les pirates se partageaient ledit butin entre eux et chacune en avait une partie, un « fade »: prendre son fade est donc peu à peu devenu « prendre son pied ». Un pied, symbole du sale, du « par-terre », du mépris (« je piétine ») de l’ennui, peut-il donc être associé à l’érotisation ?

 

Oui, pour William Rossi, auteur de Erotisme du pied et de la chaussure. Et il n’est pas le seul ! Un mec me confiait récemment

 » Les seins, les fesses, ça ne m’intéresse pas. Je peux coucher avec une fille moche, borgne, plate, grosse, tout mais pas avec une fille qui a de vilaines chaussures. »

Sur les sites pornographiques, les mots clés « masturbation avec les pieds » ou plus vulgairement « branle avec les pieds » sont parmi les plus recherchés par les internautes. Un attrait mignon (chatouilles, caresses, massages de réflexologie plantaire) qui peut tout de même virer au fétichisme assez rapidement.

 

Illustration: Rodin a souvent insisté sur les détails de pieds des femmes dans ses sculptures ou dans ses aquarelles.

La psychologue Nicole Dubreuil explique que cet attrait sexuel pour les pieds des femmes renvoie à une forme de refoulement de son homosexualité. (Ben voyons). Choqués de découvrir, vers 5-6 ans, que les petites filles n’avaient pas de pénis, certains garçons se sont mis à fantasmer une sorte de palliatif: le pied. Nicole Dubreuil se réfère à Freud, même si certains sexologues préfèrent aujourd’hui parler de goûts et de sexualités variés, pour les pieds comme pour le reste.

Mais si vous êtes un/e fétichiste des pieds et que vous en avez honte, rassurez-vous il y a pire: un pédionychophage.

C’est toujours chic à ressortir pour briller dans les dîners en ville.

 

Moralité: les filles bien n’avalent pas, elles prennent leur pied.

 

Marie Minelli

Amoureuses de l’amour

Elles sont love addict ou accro à l’amour, au Québec et en France, on les appelle les « dépendantes affectives ». Biberonnées à la princesse de conte de fées, ces femmes ne peuvent pas vivre hors de l’état amoureux : c’est pour elles une vraie drogue. Plus que l’homme qui partage leur vie, elles sont accro au sentiment d’en être amoureuse. Des amoureuses de l’amour, en somme…

Depuis 1999 et la parution de Ces femmes qui aiment trop de Robin Norwood, la notion de dépendance affective a été popularisée. Les fondateurs de l’Association des Dépendants Affectifs Anonymes du Québec expliquent sur leur site: «  La dépendance affective est un problème plus répandu qu’on ne le croit et qui affecte les relations interpersonnelles. Ce trouble se développe chez les individus issus de familles dysfonctionnelles. L’enfant qui a grandi dans un milieu marqué par le manque de communication et d’affection, la violence, l’alcoolisme, l’abus ou la négligence peut développer un sentiment de honte. Cette honte, qui se traduit par une faible estime de soi, engendre des relations malsaines avec soi-même et avec les autres « .

Jalousie maladive, difficultés à faire confiance, besoin de contrôle surpondéré par rapport à la moyenne, faible estime de soi en tant que personne indépendante hors couple, mais surtout attachement excessif à l’autre : tels sont les principaux signes de votre dépendance affective, pour l’association des Dépendants Affectifs Anonymes de Toulouse, qui ont listé 12 critères vous permettant de savoir si vous faites partie des DA ou pas. Séverine n’a, par exemple, jamais été célibataire : après un divorce, elle a sauté de relations en relations, en en cumulant parfois plusieurs, sans pouvoir se faire face à elle-même. « Je devenais délirante, j’interdisais à mon boyfriend avec qui je sortais depuis six mois de sortir sans moi, s’il le faisait je le harcelais de textos pour le faire culpabiliser… à la St Valentin, je lui ai offert une montre en or. Lui m’a offert une rose : j’ai alors réalisé que mes attentes étaient démesurées. »

Dans un documentaire Thema diffusé récemment sur Arte, des accros à l’amour se sont dévoilés : quête d’amour absolu, exigences élevées, haute idée de ce que doit être une relation à deux… Les répondeurs inondés de messages demandant « Où es-tu ? Que fais-tu ? », les collections de « signes du destin » prouvant que la dépendante affective et sa cible du moment sont faits pour être ensemble, les déclarations d’amour enflammées que l’on écrit plus pour soi-même que pour le destinataire officiel… le documentaire ne laisse rien au hasard, pas même l’enfance des protagoniste, dans laquelle la DA prendrait sa source, ou les aspects sombres de la dépendance affective : « Je me disais, en attendant son appel, je pourrais faire autre chose, mais… le vrai problème des dépendants affectifs, c’est qu’ils n’ont pas de vie à eux, hors de l’amour » témoigne face caméra une amoureuse de l’amour, expliquant qu’elle voulait sans doute transformer son compagnon en une sorte d’idéal.

« J’étais comme un petit insecte qui va se faire écraser » confie alors son partenaire de l’époque. « Je me sens emasculé » confirme Dorian, en couple avec une dépendante affective. « Ce n’est pas moi qu’elle veut, c’est un genre de prince charmant à ses ordres, à sa botte, façonné à son style…» en précisant qu’il a été relooké dès leurs premiers mois de relation, avant qu’elle n’ait fait le ménage dans ses relations amicales. « Ca lui fait plaisir, ça lui donne l’impression d’exister…» concède le jeune homme. Si les dépendants affectifs souffrent clairement d’une névrose, leurs compagnons ne sont pas en reste et ne sont jamais choisis au hasard : c’est souvent une réflexion à mener en couple.

Dans son étude sur la dépendance affective et les besoins humains, parue dans La Lettre du Psy, volume 3, Michèle Lavirey décrypte : « La personne reporte sur ceux qui font partie de sa vie actuelle le pouvoir de confirmer sa valeur comme personne. Comme tout individu inconscient de son transfert ou incapable de le résoudre, elle répète compulsivement des tentatives qui la mènent dans des impasses ».

En clair, la dépendante affective souffre de failles narcissiques, failles qu’elle comble dans le regarde d’autrui. Cet autrui peut être un compagnon, mais aussi plus tard un enfant – ou des followers… C’est le regard d’autrui qui lui donne de l’importance à ses propres yeux, privée de ce regard, elle revit une trop grande souffrance. Souvent, la dépendance affective n’est que le symptôme d’un autre mal plus profond, que seule une analyse pourra véritablement faire jaillir.

Moralité: les filles bien n’avalent pas, elles tombent amoureuses

 

Marie Minelli

Vos 3 lieux préférés pour tromper votre femme (ou votre mari)

Les clichés ont la vie dure. Ainsi, l’opinion publique reste persuadée que les hommes, forcément infidèles, cèdent à la tentation lors de 5 à 7, à l’hôtel ou dans des garçonnières comme Dominique Strauss-Kahn, de préférence avec leur jolie secrétaire blonde et callipyge.

Au bureau ? Oui, mais…

En réalité, il n’en est rien. Les 37% de femmes persuadées que leur mari les tromperait plus volontiers «à la fête de Noël du bureau» se fourvoient – même si une étude Monster révélait l’an dernier qu’un tiers des couples s’est formé au bureau. Une étude menée auprès de 2000 hommes mariés, âgés de 25 à 45 ans vient de révéler quel était le lieu préféré de ces messieurs pour s’adonner à la tromperie, et les résultats sont pour le moins… surprenants !

A un mariage !

D’après cette enquête, relayée par le DailyMail, les hommes trompent plus souvent leur femme… à une fête de mariage ! Ambiance décontractée, demoiselles d’honneur célibataires, invités sur leur 31, alcool coulant à flot et parfois même chambres d’hôtes à disposition, l’option «tromper ma femme pendant un mariage» arrive en tête des réponses données, soit 32%. Près d’un homme sur trois s’imagine donc culbutant la mariée ou la Pippa Middleton locale… Mais la veille du mariage aussi lors de la soirée d’enterrement de vie de garçon (27%).

Enfin, Mesdames vous vous en doutiez, la fête de Noël du bureau (pour 21%, s’envoyer la secrétaire entre deux verres de cidre et deux canapés au pâté n’est donc pas ringard) et enfin…

… à une réunion de parents d’élèves

Vous pensiez que la présidente des délégués de parents, avec son chignon, son air pimbêche et sa cellulite post-grossesse, ne représentait pas un risque pour votre couple ? Que nenni ! Elle, la gentille institutrice ou la dame de service exotique, elles incarnent la tentation pour près d’1 homme interrogé sur 10, qui considère que l’école est un lieu tout à fait adapté à un petit coup de canif dans le contrat (de mariage). Il faut dire que la proportion d’hommes se rendant à une réunion de parents reste encore minime, et que la concurrence n’est pas rude sur place…

Chantage à la tromperie ?

Mais, et si cette étude avait pour but de nous inciter à nous rendre nous-même aux réunions de parents, aux mariages et aux autres corvées mondaines ? Pour la prochaine étude, pensons nous aussi à faire passer des messages : «Chéri, si je vais faire les courses sans toi, je risque fort de copuler avec le magasinier de Carrefour… Après, c’est toi qui vois, si tu préfères y aller sans moi, pas de souci !»

 

Moralité: Les filles bien n’avalent pas, elles trompent.

Marissa Mayer sexy dans VOGUE: scoop, la patronne du CAC40 n’est pas une libertine anarchiste…

 

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Marissa Mayer est la présidente de Yahoo! En tant que femme, de surcroît mère, patronne d’un groupe lié aux technologies, et blonde sexy, elle sert donc de punching-ball moral aux personnes suivantes:

  • les féministes pro congé maternité
  • les féministes existentialistes anti reproduction
  • les mecs frustrés
  • les moches

Ce qui représente tout de même, vous en conviendrez, un sacré paquet de gens.

Dernièrement, Marissa Mayer a posé dans VOGUE.

Vogue, c’est ce magazine de mode qui coûte la peau des fesses et propose 100 pages de pub sur 240 pages dans son numéro de septembre (le très attendu « september issue »). Dans Vogue, on vous dit en général ce qu’il faut porter (les « does ») et ce qu’il ne faut pas porter (les « donts »). Bref, on est loin du magazine anarchiste qui remettrait en cause les stéréotypes de genre. Vogue, c’est tout de même le bras armé de la bien-pensence et du patriarcat, non ?

Alors faisons un bref arrêt sur image: qui est Marissa Mayer ? Marissa Mayer est une patronne de groupe multinational, qui siège à Sunnydale en Californie. Elle gagne plusieurs millions de dollars par an. Bref, même si certains veulent faire d’elle une nouvelle icone féministe, on est tout de même un peu éloignés de Louise Michel ou même d’Antoinette Fouque.

Marissa Mayer, Vogue, même combat. Les deux sont des pions dans l’échiquier du néolibéralisme, la voir poser dans ce magazine n’est donc pas une surprise. Le fait qu’elle prenne une pose lascive, passive, peu « combattante » et encore moins « chef d’entreprise » n’est guère surprenant. Ceux qui s’étonnent oublient que Marissa est avant tout un produit, un produit qu’elle markete et qu’elle vend très bien.

Montrer qu’elle est glamour alors que patronne, mince alors que jeune accouchée, sexy alors que mère, douce alors que chef d’entreprise, soignée alors que débordée, permet de valoriser la marque qu’elle dirige, Yahoo!, tout en culpabilisant subtilement la lectrice:

Quoi, tu es encore grosse, pas terrible, pauvre et en plus tu n’es pas patronne d’un groupe de la Silicon Valley ? Dégage ! (Ou achète nos babioles.)

La prochaine fois que les observateurs et trices voudront s’offusquer d’une telle pause, qu’ils regardent d’abord la personnalité du mannequin d’un jour. Non, Marissa Mayer n’est pas une icone féministo-anarchiste. Elle reste logique avec elle-même. Peut-on la blâmer de réussir ou la majorité échoue ?

Et puis, quand bien même ? Si elle avait posé en costume cravate, assise jambes écartées, n’aurait-on pas dit qu’elle manageait « comme un homme » ?

 

Moralité: Les filles bien n’avalent pas, mais elles posent sexy dans Vogue.

Sexe & parachute

Non, ceci n’est pas une métaphore. Il y a vraiment des gens qui font du parachute… et du sexe en même temps. Voici quelques photos:

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Pour le dernier je triche, il ne fait pas du sexe en parachute, il est juste en train de tomber dans les pommes. Mais je trouvais quand même très chou ce petit couple gay friendly.

Pour les autres, il s’agit de captures d’écran de vidéos postées par les intéressés.

Ah oui parce que eux, il baisent en parachute ET ils filment ça.

 

Moralité: les filles bien n’avalent pas, elles font l’amour en parachute.